Médecines complémentaires : vers un cadre légal sécurisé au Sénat

Le 22 janvier 2026, un colloque majeur s’est tenu au Sénat sous l’égide de la sénatrice Laurence Muller-Bronn. Co-organisé par le GETCOP et la CNPS, l’événement a marqué une étape cruciale vers la reconnaissance officielle des thérapies complémentaires en France.

Un fossé entre citoyens et institutions

Maître Isabelle Robard, avocate spécialisée, a rappelé l’urgence d’harmoniser le droit avec la réalité sociale : 86 % des Français ont une image positive de ces pratiques. Pourtant, contrairement à la Suisse ou l’Allemagne, la France maintient ces disciplines dans un flou juridique, les excluant du parcours de soin conventionnel malgré une demande croissante de remèdes naturels (59 %).

Sécuriser pour mieux intégrer

Pour sortir du « hors-piste » thérapeutique, le colloque préconise une régulation stricte afin de garantir la sécurité des patients :

  • Socle de formation : Un cursus initial commun de 2 à 3 ans, complété par une spécialisation.
  • Standardisation : Assurance civile obligatoire, charte de déontologie et respect des normes AFNOR.
  • Protection : Bernard Payrau (GETCOP) plaide pour des « pistes balisées », dénonçant au passage l’opacité de la Miviludes qui freinerait l’innovation par des entraves administratives plutôt que pour de réelles dérives.

Une médecine du soin global

Enfin, le philosophe Rezza Moghaddassi a rappelé que la médecine doit rester une relation humaine, alliant science et compassion. L’intégration du Qi Gong ou de la musicothérapie en milieu hospitalier ne soigne pas seulement le patient ; elle améliore aussi durablement le bien-être et la fidélité des soignants.


Source : Synthèse du colloque au Sénat du 22 janvier 2026 (GETCOP/CNPS).

Experts cités : L. Muller-Bronn, I. Robard, B. Payrau, R. Moghaddassi.